Les idéologies utopistes finissent mal, en général. L'idéologie socialiste achève de le prouver. En effet, il y a encore quelques décennies, l'idéologie socialiste était le nec plus ultra en matière de pensée et les lendemains qui chantent devaient alors sauver le genre humain. Partout, des milieux dits « intellectuels » aux médias, des salles de profs aux amphithéâtres surchargés, l'idéologie socialisante rayonnait. Quelques années après, le socialisme version hard des pays de l'Est s'est effondré alors que le socialisme soft s'est converti en libéralisme de gauche incarné par des leaders comme Tony Blair, Jean-Marie Bockel ou Laurent Fabius.
Orphelin de cette situation, le monde ouvrier et salarié est aujourd'hui abandonné, culpabilisé et finalement victime de l'insécurité sociale. Pour un mouvement comme Alsace d'Abord, cette situation est malsaine et il convient de tracer de nouvelles voies économiques.
Du communisme barbare au socialisme altermondialiste
De Lénine à Staline, de Mao à Kim Il Sung, en en oubliant d'autres, le communisme socialisme marxiste, dans ses différentes versions, a finalement engendré une série de dictateurs qu'une gauche occidentale et une intelligentsia politiquement correcte n'eurent de cesse d'encenser dès 1968. Il a fallu attendre le combat de certains, les écrits de Volkoff et le « livre noir du Communisme » pour qu'enfin, on ouvre les yeux sur le cheminement qui mena cette idéologie de l'utopie à la barbarie : entre 150 et 200 millions de femmes et d'hommes furent donc les victimes de purges, d'emprisonnements, de massacres, d'exécutions.
Au Génocide de peuples, le communisme rajouta même le génocide social de classes comme la bourgeoisie, l'aristocratie, le monde paysan. Ces crimes contre l'humanité, qui dépassent, en nombre et en horreur, tous les actes de barbarie reconnus dans l'Histoire, ne connaîtront sans doute jamais le moindre jugement. Raison d'Etat ou silence complice oblige !
Pourtant, la fin du Communisme incarnée par la chute du Communisme en Russie et la réunification de l'Allemagne, aura le mérite de clore le cycle du marxisme utopique, idéologie finalement bâtie contre les peuples.
En raison de liens qui les unissent depuis longtemps, l'effondrement du Communisme aura également entraîné dans sa chute la mutation et la chute du Socialisme occidental, idéologie aveugle aux mutations de la société et orpheline au niveau doctrinal. Quant au « radeau » social-démocrate, il aura donc servi de refuge aux mutants de l'idéologie socialiste et à leurs complices.
« Génétiquement modifié », l'internationalisme d'antan est devenu l'altermondialisme d'aujourd'hui. La 4ème Internationale est devenue Nième altermondiale, communiant sur l'autel d'un libre-échange que ces apôtres d'une autre mondialisation ne veulent que réglementer, en se souciant plus des victimes d'un commerce inéquitable que de celles liées à la désagrégation de l'économie nationale et régionale. L'ethno-masochisme, symptôme de l'idéologie socialiste des Lumières, a survécu.
L'autre mondialisation n'existe pas !
Sans doute aurait-il été préférable que ces néo-mondialistes ou alter-mondialistes socialisants abandonnent l'idéologie rousseauiste pour pouvoir vraiment se réformer. Ils auraient dès lors pu retrouver une partie de l'idéologie populiste du Front Populaire, mais ils n'en furent pas capables.
N'ayant pu s'affranchir de cela, ils ont trouvé refuge soit dans la mutation libérale, soit dans l'utopie altermondialiste, délaissant ainsi le monde ouvrier et salarié entre les mains d'un patronat prisonnier volontaire ou de faits de l'ultra-libéralisme et de ses règles impitoyables : concentration, réorganisation, mécanisation, recherche du profit, délocalisation ...
L'autre mondialisation n'existe pas. Il convient en effet de constater que soit l'économie est ouverte sur le monde, régentée par la loi sauvage de l'offre et de la demande ainsi que par les coûts de production inégaux, soit elle est réglementée par des frontières. Dans le premier cas, on cherchera à produire là où la production coûte le moins chère et où elle génère le plus de profit. Dans le second, on cherchera idéalement, non à empêcher la circulation des biens, mais à équilibrer les disparités des coûts de production pour protéger son économie.
Aujourd'hui, on a choisi la première voie et le libre-échangisme sauvage met à mal des pans entiers de nos économies. Pourtant, plus que jamais, succomber aux sirènes des altermondialistes et nostalgiques du trotskysme est une aberration, céder aux charmes des néo-socialistes libéraux est utopique. Il convient, dès lors, de tracer une nouvelle voie économique pour l'Europe.
La nécessaire justice sociale et les nouvelles solidarités identitaires
Socialisme et ultra-capitalisme ont en commun la notion de culpabilisation. Le socialisme condamne le patronat, tandis que les tenants d'un libéralisme sauvage ont tendance à culpabiliser le salarié ou le chômeur. Or, que l'on le veuille ou non, en dehors d'excès qu'il importe de condamner et du chômage frictionnel, on est rarement chômeur par plaisir.
Cet affrontement organisé entre des membres d'une même communauté régionale et nationale est aujourd'hui une impasse voulue par l'idéologie dominante et qui mène à des affrontements stériles hérités de l'histoire industrielle et des affrontements de Mai 68. Or cette situation est forcément inopérante.
C'est pourquoi, Alsace d'Abord appelle à une révolution culturelle en matière d'économie. Il importe tout d'abord de réguler les prix des produits rentrant aux frontières de l'Europe afin d'éviter les méfaits d'un cynique dumping social sur l'économie et l'industrie européenne.
Parallèlement, il incombe que les créateurs puissent créer des entreprises et les transmettre, que les dirigeants puissent gérer des outils de productions et que les salariés puissent exercer un travail logiquement rémunéré. Il faut tendre vers un équilibre que ne viendraient mettre à mal ni des manoeuvres de blocages, ni une recherche de profit exacerbée, ni une fiscalité abusive, ni une administration envahissante.
Il faut donc mettre en place de nouvelles solidarités visant à permettre outre une refonte du mode d'action syndical dans notre pays, une légitime collaboration entre les acteurs économiques du pays dans une logique de recherche du bien commun. Sans naïveté, il est nécessaire de trouver les conditions d'une nouvelle donne économique prenant en compte la nécessité d'une justice sociale motivante et pourquoi pas l'éclosion d'un patriotisme économique européen comme il en existe un ou Japon ou à l'échelle de l'Amérique du Nord.
A l'heure où certains, à l'UMP, souhaitent mettre en avant la « discrimination positive » pour favoriser l'intégration avant que de rouvrir les portes de l'Europe à une immigration pour compenser la dénatalité , il faut également oser affirmer la nécessité d'une préférence alsacienne, française et européenne en matière d'emplois et d'aides aux artisans et entreprises, ce à compétences égales.
La situation économique actuelle, génératrice d'injustices sociales autant pour les salariés que pour certains chefs d'entreprises, provient aussi du fait que l'on a laissé l'Economique gouverner le Politique. Seul un retour du Politique favorisant la liberté d'entreprendre et s'appuyant sur une politique monétaire dynamique peut motiver l'activité économique, renforcer la capacité d'exportation de l'Europe, réformer autant l'orientation, la formation et l'apprentissage, et bien entendu relancer le marché de l'emploi.
C'est donc pour toutes ces raisons que les membres d'Alsace d'Abord pensent qu'il est aujourd'hui possible et souhaitable de mettre en place les conditions d'une politique économique sociale libérée du socialisme, fondée sur les solidarités régionales, nationales et européennes.
Ainsi, une alternative économique qui ne céderait ni aux utopies marxisantes, ni aux excès du libre-échange permettrait dès lors de replacer l'Europe sur la voie de l'indépendance politique et de la puissance économique.
Par Stéphane BOURHIS
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