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Otan, Union européenne et folie internationale

Le temps est venu de modifier nos conceptions anciennes des ``buts de guerre' : dorénavant, sera considérée comme ``guerre juste' toute guerre utile aux financiers qui contrôlent la Maison-Blanche. C'est l'effondrement de la puissance soviétique qui a permis cette évolution en autorisant l'administration Bush-père à entreprendre sans risque de prépositionner dans la péninsule Arabe des volumes de troupes jamais atteints à proximité des gisements de pétrole Arabian Light après avoir gelé le pétrole irakien, endetté lourdement l'Arabie Séoudite et le Koweit, et surtout provoqué l'invasion du Koweit par l'Irak le 2 août 1990, donnant ainsi prétexte à l'opération de 'libération du Koweit'.

Les Etats-Unis ont réuni une coalition dont ils ont pris la tête. Par la suite, pendant les douze années qui ont suivi, les Américains ont oeuvré inlassablement à l'ONU pour que l'embargo sur le pétrole irakien ne soit pas levé.

Ayant fermé temporairement les puits d'Arabian Light irakien, les Américains ont décidé de prendre pied sur la corne de l'Afrique.

Ils avaient déjà établi une base stratégique à Diego Garcia pour leurs bombardiers B52 rénovés. Mais l'acheminement depuis cet archipel situé loin au sud des Maldives de troupes d'infanterie est trop cher en temps. Depuis longtemps ils souhaitaient supplanter les Britanniques à Aden, mais lorsque la Royal Navy et les commandos de marines britanniques quittèrent Aden, ils en furent chassés par les Yéménites fermement soutenus par les Soviétiques. Pas question pour les Américains de s'installer. Les Français tenaient Djibouti, donc il leur fallait trouver autre chose. La Somalie aurait été un bon emplacement mais, comme l'Ethiopie après le Négus, Mogadiscio était tombée dans les mains des Soviétiques. Le Soudan avait un régime plus que fermé à la pénétration américaine, Hassan at Tourabi ayant soin de veiller à l'orthodoxie islamique du pays, au nord, et de le ``convertir' au sud.

Mais l'effondrement du Pacte de Varsovie laissait l'Ethiopie sans contrôle politique aux mains des technicals, ces voyous armés jouant aux seigneurs de la guerre et, deux ans après Desert Storm le général Johnston, à la tête d'une MEU (une Marine Expeditionary Unit - en français, un corps expéditionnaire des Marines) débarquait à Mogadiscio devant les caméras de CNN(1). C'était le début de l'opération Restore Hope, tentative de prise de contrôle de zone sous couverture humanitaire.

Seulement, les Somalis avaient si bien ruiné leur pays qu'on ne pouvait plus rien en tirer sauf frais énormes de reconstruction. Or un tel plan Marshall n'aurait eu de sens qu'au prix d'une recolonisation préalable. Les Marines du général Johnston rembarquèrent donc en laissant à une force de l'ONU, UNISOM 2, donner aux opinions publiques qui avaient payé le riz de l'Uncle Ben l'illusion qu'on s'intéressait encore au sort des civils qui faisaient les frais des guerres de bandes.

Au même moment, des élections se déroulaient au Cambodge. Là aussi, les stratèges américains savaient ne rien avoir à glaner. Ils déléguèrent donc leurs pouvoirs à un général... australien qui, lui-même, refila à son adjoint, le général Robert Rideau, légionnaire d'origine, grand chef et grand soldat, tout le travail opérationnel et se réservant le contrôle du système de télécommunications, calibré pour informer ``en temps réel' Washington et Londres (c'était le système UKUSA dont les messages portent l'en-tête Releasable AUSCANUKUS - communicable à UASCANUKUS(2)) L'implantation en Arabie et au Koweit était, quant à elle, assurée pour encore quelques années. Le roi Fahd est de santé fragile, mais des médecins américains et suisses font tout pour le maintenir en état de régner, pour retarder l'accession au pouvoir du prince héritier, son frère Abdallah, qui n'a qu'une idée : chasser les forces occidentales, surtout américaines et britanniques, de la péninsule Arabe.

Dans le même temps, les stratèges, dont le métier est de voir loin, étudiaient déjà d'autres points d'appui que le royaume séoudien. C'est une des clefs de l'invasion de l'Irak et des menaces sur la Syrie de Hafez al Assad, mais aussi sur les Emirats arabes unis dont l'émir président est jugé des plus belliqueux ; le Pakistan qui a pris ses distances avec les Américains depuis qu'on leur a fourni l'arme nucléaire islamique que n'a pas pu réaliser Saddam Hussein(3) ; et surtout l'Iran dont les relations diplomatiques avec les pays européens et la Russie déplaisent fortement à Washington.

Mais jusqu'ici les compagnies pétrolières américaines ont été bien obligées de traiter avec ce fournisseur important de naphte de qualité, et les velléités clintonniennes d'empêcher les sociétés commerciales de travailler avec l'Iran sous peine de voir leurs biens aux Etats-Unis gelés sont tombées dans l'oubli.

Autant dire qu'en 1992, après l'euphorie de la victoire contre ``la quatrième armée du monde', les maîtres du nouvel ordre mondial ont subi une série de déconvenues qu'ils peuvent cacher aux Béotiens mais qui ne trompent pas les spécialistes. Il leur faut reprendre le manche et le contrôle du monde.

La Corée, la Chine et la Russie ne se plient pas au Nouvel Ordre, Saddam Hussein est toujours là et la Palestine reste dans son état de ni paix ni guerre. Toutes ces mésaventures ont ruiné le Trésor et conduit les Républicains de Bush-père dans l'opposition, mais l'équipe Clinton est toujours avec la nouvelle donne stratégique sur les bras. Seulement, cette équipe représente d'autres lobbies que le complexe militaro-industriel et que les financiers du pétrole. Même si la question de l'énergie reste centrale dans la stratégie générale des Etats-Unis.

C'est alors que se présente l'occasion d'intervenir en Europe dans une zone stratégique : la guerre civile qui sévit dans les Balkans dépasse les capacités des politiciens européens. On peut se demander, au moment de la fin de la guerre froide, à quoi peut encore servir l'Otan. C'est l'éclatement de la Yougoslavie qui apporte la réponse : l'Otan peut assurer le rôle de troupes d'imposition de la paix pour le compte de l'ONU. Point n'est ici besoin de refaire toute l'histoire de cette guerre. Il faut toutefois remarquer que dans cette crise majeure pour l'Europe les vrais alliés de Washington dans l'Union naissante (la crise devient aiguë en 1992, au moment du référendum sur le traité de Maastricht) sont les Allemands et non les Britanniques(4). L'évolution des événements conduit l'Otan à intervenir dans la région sur une mission qui ne relève pas de l'article 5. Le ver est entré dans le fruit.

la CIA et la DIA sont allées d'échec en échec Au niveau des instances dirigeantes de l'Otan à Bruxelles, il devient impératif de formaliser les procédures liées aux opérations ``non-article 5'. La nécessité de disposer de forces légères et mobiles donne lieu à toute l'étude conceptuelle sur les GFIM, les groupements de forces multinationaux. Souvent appelés CJTF (Combat Joint Task Forces) en jargon otanien, même en français, ces unités seraient destinées à des missions ponctuelles exigeant néanmoins des capacités globales de tous les types de forces. L'Otan est, avec cette étude ouverte dans les années 1990 et validée au cours des conflits de Bosnie-Herzégovine jusqu'en Afghanistan, en train de devenir un outil américain à vocation mondiale.

Dans le même temps, la présence de forces de volontaires internationaux islamiques mais aussi de milices paramilitaires et de commandos terroristes, que ce soit du côté des musulmans comme du côté des Croates ou des Serbes, pose un autre problème technique aux militaires. La stratégie et les savoir-faire liés à la guerre classique ou nucléaire sont obsolètes. La nouvelle donne stratégique impose des armées sur lesquelles les industriels et les financiers américains n'ont pas investi, à la différence des pays européens, en particulier la France et la Grande-Bretagne. Pendant la campagne de l'IFOR, les systèmes américains de renseignement se sont révélés inopérants, pour des raisons climatiques et opérationnelles(5). Trop axés sur la recherche technique et pas assez sur la recherche humaine, la CIA et la DIA sont allées d'échec en échec. Les stratèges du Pentagone, mais, pire, ceux du Conseil National de Sécurité ont engagé l'Otan, à la suite des Etats-Unis, dans le soutien aux islamistes de l'UCK, comme ils avaient misé auparavant sur les islamistes talibans en Afghanistan par l'intermédiaire de leurs agents séoudiens. Or, l'évolution des événements a conduit la Maison-Blanche à demander, par l'intermédiaire de l'Otan, l'assistance de l'armée yougoslave contre les bandes armées de l'UCPMB dans la vallée de Precevo. Ils ont commis le lourd contresens de négliger le fait que la politique générale préconisée par l'Organisation de la Conférence islamique n'est en rien alignée sur celles des lobbies américains qui se succèdent derrière les présidents américains successifs.

L'affaire du 11 septembre 2001, mal anticipée par une administration Bush-fils à laquelle elle a échappé, a conduit les Etats-Unis à une série d'échecs cuisants dans la 'guerre contre le terrorisme', présentée comme la guerre du bien contre le mal.

Par Pierre-Henri BUNEL
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Il me semble utile de faire un retour sur un conflit qui a largement dominé la fin du XXe siècle : la guerre froide qui fait suite à la seconde guerre mondiale. Cette guerre est avant tout économique et a pour but d'offrir un espace vital de marchés immenses à l'industrie américaine. Elle induira des réformes profondes en matière sociale, par l'avènement de la société de consommation et, au plan politique, par l'asservissement des gouvernements aux marchés ``grâce' à la TVA. La seconde guerre mondiale est définitivement celle de la technique et de l'industrie mais elle est aussi la victoire des financiers capitalistes en ``Occident'. Il faut d'ailleurs nuancer la notion d'Occident. Pendant toutes les années de la guerre froide, ce qu'on appellera Occident recouvrira en fait les pays qui se sont rangés dans l'orbite du capitalisme plus ou moins dirigé et, grosso modo, du côté des Américains par opposition aux Soviétiques. Nous verrons plus tard les contresens auxquels ce concept à abouti.

En 1945, l'Europe est ruinée et doit entièrement se reconstruire. Malgré les tentatives diplomatiques des administrations américaines dès avant la rupture du pacte de non-agression germano-soviétique pour ouvrir des marchés avec l'URSS, les financiers américains ne peuvent pas investir dans le premier pays communiste de l'histoire. La chute de l'empire chinois est une bonne chose pour les Américains, résolument partisans des républiques réputées être démocratiques par opposition aux monarchies. Malheureusement pour les stratèges politiques américains, ils soutiennent les nationalistes chinois contre les communistes de Mao Tsé Toung. C'est un échec ; la Chine continentale devient la République populaire de Chine.
A la création effective de l'Organisation des Nations unies le 24 octobre 1945, les Américains se trouvent obligés d'admettre parmi les membres permanents du Conseil de sécurité l'Union soviétique qui fait partie des ``vainqueurs' de la guerre contre les forces de l'Axe. La République de Chine en fait également partie mais il s'agit de la Chine nationaliste réfugiée à Formose que l'on n'appelle pas encore Taiwan. Tous les autres pays ne pourront faire partie que de l'assemblée générale et du Conseil de sécurité comme simples membres temporaires, sans droit de veto, sous réserve qu'ils soient admis à signer la Charte et s'engagent à en respecter les principes. Par le Commandant Pierre Henri Bunel Créée à San Francisco avant que son administration ne s'installe plus tard à New York, l'Onu a son siège aux Etats-Unis, directement sous la coupe de Washington.
Cette fois-ci, Genève, qui a été le siège de la SDN, n'a pas été retenue afin d'éviter les difficultés techniques de communication avec Washington, liées au décalage horaire.

L'adhésion ferme de l'URSS et de la Chine continentale au système communiste ferme deux des plus grands marchés du monde aux investisseurs américains. Il ne reste que l'Europe ruinée pour offrir des débouchés à la production de l'industrie et de l'agriculture américaines dopées par la guerre.

Le plan Marshall offre une possibilité de lancement des exportations d'outre-Atlantique vers l'Europe d'autant que le financement initial est assuré par les prêts de groupes américains. Ce n'est qu'un pis-aller, parce que tout ne se déroule pas en Europe de la façon dont le souhaiteraient les dirigeants américains.

La France, grâce aux mesures prises depuis Londres en liaison avec les responsables administratifs et décisionnels restés en fonction dans le pays pendant l'occupation allemande, est en mesure de relancer le fonctionnement de ses pouvoirs stratégiques, administration préfectorale, police, justice, au fur et à mesure du repli des Allemands devant les Alliés.
A tous les points clés, l'administration provisoire du général de Gaulle place des fonctionnaires investis d'une légitimité en face des autorités proconsulaires militaires américaines. La Banque de France met rapidement en circulation des moyens de paiement, et la monnaie artificielle imprimée aux Etats-Unis ne rentrera jamais en vigueur : la France échappe au protectorat américain. C'est le résultat de l'action vigoureuse du premier ministre Winston Churchill en liaison avec les différents chefs français de Londres, des colonies d'Afrique du Nord, mais aussi grâce aux fonctionnaires et entrepreneurs de la France occupée qui peuvent se maintenir à leur poste malgré les pressions qu'ils subissent. Les tribunaux de l'Epuration auront parfois du mal à faire la différence entre les collaborateurs et les résistants, mais le gouvernement provisoire issu essentiellement des autorités de Londres dispose d'éléments souvent secrets pour éviter une bonne partie des erreurs.

Dans la mesure du possible, les forces françaises de reconquête sont informées de directives occultes venues de Londres à destination des responsables des administrations occupées pour éviter des arrestations intempestives. Mon père, officier de renseignement avant la guerre mais commandant d'une compagnie de Tirailleurs marocains pendant la campagne d'Italie, le débarquement en Provence et la remontée jusqu'à Strasbourg, m'a parlé de documents écrits qui lui avaient été communiqués par le deuxième bureau militaire après son débarquement en France, et qui lavaient par avance certains fonctionnaires, en particulier des ingénieurs des Ponts & Chaussées, de possibles accusations de collaboration.

De par mes relations personnelles avec d'anciens membres des bureaux du général de Gaulle à Londres, dont des Compagnons de la Libération, je sais que des documents, enjoignant aux fonctionnaires d'autorité de rester en poste, ont été envoyés à d'autres instances des zones occupées. En raison du danger que présentait la détention de tels messages, ils étaient souvent accompagnés de directives de destruction après lecture.
La prise de risques réels pour envoyer des agents d'Angleterre vers la France montre assez quelle importance la France Libre attachait aux mesures visant à empêcher la prise de contrôle de notre pays par l'administration proconsulaire imaginée par Roosevelt.

Les premiers affrontements entre les forces américaines et l'armée soviétique se produisent dès la prise de Berlin. La conférence de Yalta aboutit à une séparation du monde en deux que l'administration américaine aurait souhaité éviter. Les Soviétiques se sentent frustrés de voir que Berlin, conquise par eux, est aussi occupée par les Américains, les Britanniques et les Français. Seulement Berlin est enclavée.

Les secteurs ``capitalistes' de la capitale sont séparés de la zone d'Allemagne occupée par les ``Occidentaux' par une bande de territoire qu'occupent les Soviétiques. L'Allemagne est coupée en deux et les deux seuls moyens d'accès à Berlin par voie terrestre sont une voie ferrée et une route, les deux à la circulation très surveillée. En 1948, en raison de tensions avec les Américains, les Soviétiques ferment ces itinéraires. Les garnisons ``occidentales' en occupation dans l'ancienne capitale allemande sont assiégées. L'aéroport militaire sert donc de tête d'un pont aérien mémorable qui ressoude la solidarité entre les Alliés. C'est pourquoi, en 1949, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux créent l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Deux blocs se regardent en chiens de faïence L'Otan est avant tout une alliance militaire. Devant le ``danger qu'a fait courir au monde libre' la menace de l'Armée rouge contre Berlin, les Alliés se sont ``sentis obligés' de formaliser une alliance militaire de défense mutuelle. La Charte de l'Otan stipule dans son article 5 qu'une attaque extérieure contre un seul de ses membres sera considérée comme une agression contre toute l'alliance et que tous les pays membres apporteront une aide militaire au membre attaqué. Devant la création de l'Otan, l'URSS réagit en créant une alliance symétrique, le Pacte de Varsovie. Non seulement les Américains et les Soviétiques ont coupé le monde en deux à Yalta, mais maintenant les deux blocs se regardent en chiens de faïence, derrière des forces armées qui montent en puissance.

On nous a longtemps présenté les forces du Pacte de Varsovie comme des hordes surpuissantes qui n'avaient qu'une idée : envahir le monde libre. S'il n'y a pas de fumée sans feu, il faut admettre, pour rester honnête, que le feu était bien minime et qu'il ne couvait pas que du côté des Soviétiques. L'examen de la montée en puissance du matériel de part et d'autre du Rideau de fer montre qu'en général les améliorations et renforcements du côté soviétique correspondaient à une montée en puissance préalable du côté américain. Certaines opérations d'intoxication d'agents soviétiques identifiés ont même conduit les Soviétiques à croire les projets d'armement de haute technicité américains beaucoup plus avancés qu'ils ne l'étaient en réalité.

L'Otan s'est étoffée tout au long de son histoire et a pris en compte des sujets qui sont loin d'être directement liés à la seule défense militaire. Et compte tenu de ce que nous avons pu voir de ce que représente en réalité la stratégie, cette évolution reste des plus logiques. Dès la création de l'Otan, le quartier général du commandement suprême des forces alliées en Europe, le SHAPE, s'est installé en région parisienne, à Saint-Germain-en-Laye. Cet état-major est commandé depuis toujours par un général américain.

A proximité de Saint-Germain, à Versailles, s'est installée l'agence stratégique civile la plus importante pour le général commandant suprême des forces alliées en Europe : l'agence des pipe-lines de l'Otan.

A suivre...
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Comme toute force militaire d'une telle importance doit être encadrée par un pouvoir politique, l'Otan dispose d'un Conseil de l'Atlantique Nord, appuyé par une administration civile : l'état-major international. C'est cet organisme qui prépare les décisions politiques liées aux activités de l'Otan. Siègent en permanence au Conseil de l'Atlantique Nord les ambassadeurs représentants permanents des pays membres. Ce sont eux qui préparent les réunions des ministres et les sommets aux cours desquels se prendront les décisions. Celles-ci sont prises lors de réunions du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres de la défense, ou en session des ministres des affaires étrangères ou carrément en sommet, c'est-à-dire en session des chefs d'Etat ou de gouvernement.

Il se tient au moins deux réunions formelles et deux réunions informelles du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres de la défense chaque année. Les ambassadeurs se réunissent au moins une fois par semaine. Chacun représente, comme tout ambassadeur, son chef d'Etat suivant les directives de son ministre des affaires étrangères. Cet organisme politique a besoin, pour préparer les décisions militaires qui donneront le mandat d'agir au général américain commandant les forces de l'alliance, d'experts militaires. Ces experts sont réunis au sein du Comité militaire. Il s'agit essentiellement de représentants militaires permanents, assistés d'un état-major militaire international. Ces généraux de haut rang, véritables ambassadeurs militaires, se réunissent au moins une fois par semaine. Avant chaque réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres de la défense se tient une réunion du Comité militaire en session des chefs d'état-major des armées.

Cet agenda assez formel permet aux Etats-Unis de connaître la « température » de l'Otan en permanence. Entre les sessions, le maintien de représentations permanentes diplomatiques et militaires permet le lobbying préparatoire à la prise de décisions qui ne font jamais l'unanimité. Connaître les points d'achoppement permet de proposer des arrangements dans des enceintes autres que l'Otan. On peut monnayer un soutien à l'Otan en échange d'un soutien à l'ONU ou à l'Union européenne...

Pour dissimuler ce lobbying, l'Otan utilise une procédure fréquente dans les instances internationales : la procédure de silence. Lorsque l'état-major international (politique) ou l'état-major militaire international a formalisé une proposition de résolution sous la forme d'un projet écrit, le document est diffusé aux représentations nationales avec une date et une heure limite pour « rompre le silence ». Si aucun pays ne rompt le silence, la décision est réputée prise à l'unanimité. Si un pays n'accepte pas le projet tel que présenté, son représentant « rompt le silence » et provoque ainsi une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord (les ambassadeurs) ou du Comité militaire (les représentants militaires).

L'intérêt initial de la procédure de silence est de réduire le nombre des réunions pour les questions qui ne posent a priori pas de difficulté, mais la dérive qui consiste à soumettre des questions importantes à la procédure de silence a permis de faire accepter de justesse des décisions non débattues publiquement et en profondeur, c'est-à-dire pour l'application desquelles on peut s'attendre à des difficultés majeures dans les cas sensibles.

La procédure de silence est devenue un moyen de plus de travailler en dehors de toute transparence pour traiter de questions litigieuses sur lesquelles les pays décideurs, et en particulier les Etats-Unis et l'Allemagne, ont des positions bien arrêtées. Ils conduisent un lobbying discret envers les autres pays membres pour éviter qu'ils ne rompent le silence. Depuis le retour des Français au sein du comité militaire en 1996, il faut reconnaître que la procédure de silence est de plus en plus souvent rompue sur des questions militaires importantes. On mesure bien qu'une organisation de défense militaire telle que l'Otan doit intégrer de nombreux paramètres extra militaires dans ses décisions. L'Otan a été créée parce que l'Union de l'Europe occidentale mise sur pied en 1945 par les Européens pour éviter de connaître une nouvelle guerre meurtrière en Europe avait échoué à prendre en compte la question du blocus de Berlin.

Bref, l'Europe s'organise enfin pour ne plus tomber dans ces guerres incessantes qui ont marqué le Moyen Age, les Temps modernes et le début de l'époque contemporaine. Autant dire que les perspectives économiques qui s'ouvrent alors ne peuvent que séduire les financiers américains, mais à condition qu'ils exercent leur contrôle sur toute cette évolution qui risque bien de déborder un jour les simples relations commerciales.
L'Otan est un outil imparable de surveillance, sans que les dirigeants des pays membres européens s'en rendent compte.

La seconde guerre l'a montré, la stratégie ne saurait comprendre uniquement des volets militaires. Et tout simplement parce qu'en politique les finances priment sur tout le reste : à grands moyens grande politique, à petits moyens, politique de soumission. Il faut mettre au point un moyen de contrôler les finances des pays européens et alors les pays européens seront effectivement sous contrôle des lobbies financiers. L'Otan, par son Conseil de l'Atlantique Nord, prend l'habitude de traiter de problèmes civils qui ont une résonance stratégique. Dépassant largement le cadre des planifications militaires, l'Organisation s'étoffe de services qui ont la charge de questions aussi variées que l'éducation et l'instruction publique par le biais de l'harmonisation des techniques pédagogiques, l'industrie en général, en passant par le truchement de l'industrie de l'armement.

L'adoption des normes de l'Otan, les fameux STANAG, précède et influence la mise sur pied de normes européennes. L'hygiène alimentaire, en matière de conservation des denrées destinées aux armées en campagne, puis aux stocks alimentaires stratégiques, conduit les pays européens à créer des normes nationales compatibles avec les normes américaines en attendant l'élaboration de normes européennes dérivées des STANAG.

La manipulation des opinions est à l'ordre du jour et personne n'accorde à la déclaration du président Truman au début de son mandat toute l'importance qu'elle mérite. Selon Truman, la vraie guerre sera économique et la gagnera le pays qui maîtrisera la création, la production et la diffusion de l'image sonorisée animée et en couleurs. Tous les observateurs pensent immédiatement au cinéma. Si cette conclusion est juste - il suffit de voir l'attention que les administrations américaines successives ont apportée au cinéma de la seconde guerre à nos jours - elle est incomplète. Mais l'Otan se dote d'une agence de presse avec des commentateurs, des officiers (civils) de presse et des porte-parole dont l'assurance n'a d'égale que la capacité à travestir la vérité.

Le large éventail des capacités de l'Otan en matière d'administration des pays occupés permettrait à cette association transatlantique aux ordres de Washington de remplir les missions qui ressortissent en principe à l'ONU au cas où cette Organisation deviendrait incontrôlable. Mais en temps de paix, pour pouvoir instiller sa propagande, l'Otan doit faire tomber les chaînes de télévision dans le domaine concurrentiel. Si, comme du temps du général de Gaulle, la télévision reste un organe contrôlé par l'Etat de chaque pays adverse, les producteurs de programmes commerciaux ne pourront pas prendre en main les cultures des pays cibles. C'est ainsi que par l'intermédiaire de la publicité de marque les financiers ont ouvert une brèche dans les forteresses télévisuelles d'Etats, puis par les « impératifs du marché » ont fini par obtenir l'ouverture de chaînes de télévision et de radio privées qui peuvent diffuser des émissions produites sous contrôle des groupes financiers. Ces programmes, vendus à prix concurrentiels, permettent de prendre le contrôle des cultures qu'elles uniformisent.

Asservir les gouvernements aux marchés Pour pouvoir privatiser les moyens d'information, les lobbies financiers s'y prennent en amont. Il faut asservir les gouvernements aux marchés afin de leur ôter tout pouvoir d'influence réelle. Tout le travail sera donc de convertir les pays membres du GATT à la société de consommation en faisant valider la suppression des droits de douanes, et en faisant adopter le principe de la TVA. Cet impôt devient rapidement la première source de revenu des Etats européens qui commettent la grave erreur d'adopter des taux élevés, à la différence des Etats-Unis. Cette action politico-économique se déroule, bien sûr, en dehors des sphères otaniennes, mais elle fait partie d'une action d'envergure et globale qu'il serait très dangereux de saucissonner.

La faute des gouvernements européens est de spécialiser les fonctions et de les mettre entre des mains de technocrates sans assurer de réels contrôles horizontaux exercés par des généralistes à l'esprit de synthèse. D'après ce que j'ai vu au cours de mes années à l'ONU et à l'Otan, le travers de la Commission européenne est de se laisser aveugler par le fantasme américain de l'analyse et de l'analyste au lieu de donner le dernier mot à la synthèse. Les décisions politiques, au lieu d'être le résultat d'un important travail de synthèse, sont marquées par l'approximation quand ce n'est pas par les choix guidés par des ambitions personnelles ou des intérêts privés. Et les faiblesses de l'Union européenne sont la porte ouverte au contrôle américain de l'Europe par Otan interposée. En somme, au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Américains disposent d'un outil de régulation des relations internationales, l'ONU. Mais la présence de l'URSS comme membre permanent du Conseil de sécurité est une gêne pour la politique étrangère américaine. La création de l'Otan, sous prétexte de contrer une menace soviétique magnifiée par la propagande, permet d'éviter que l'Europe en train de commencer à s'unir ne prenne une certaine autonomie. L'organisation d'une menace à l'Est, d'autant plus intéressante qu'elle est plus que virtuelle, permet de focaliser les énergies des pays de l'Otan et de l'Union de l'Europe occidentale vers un ennemi qui vient de se dresser devant la politique américaine. La victoire américaine sur les forces de l'Axe a débouché sur une autre guerre qu'il va falloir gagner : celle sur le communisme.

La doctrine stratégique générale des Américains s'appelle le panaméricanisme en Amérique du Nord et du Sud, et l'impérialisme dans le reste du monde. Toutefois, ce terme est repris par les différents mouvements marxistes et prend une connotation si péjorative que les Américains eux-mêmes l'abandonnent. Le fait que le mal n'a plus de nom ne signifie pas pour autant qu'il a disparu.
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Lors d'une mission au Proche-Orient dans le cadre des Nations unies dans les années 80, j'ai évoqué avec un de mes homologues soviétiques les capacités phénoménales que nos propagandistes attribuaient alors à l'Armée rouge.

Après avoir hésité pour savoir si je me moquais de lui ou non, il m'a répondu :

- Si nous étions capables de faire tout cela, nous dépenserions moins en budget militaire parce que nous serions capables de faire face à la menace que l'Otan fait peser sur nous.

- L'Otan ? Une menace ? Mais pas du tout, c'est une alliance défensive.

- Défensive ? Alors que vous déployez sans cesse de nouveaux missiles, sans compter ceux qui sont aux Etats-Unis ? Si vous n'aviez pas d'intentions agressives pour venir vous emparer des puits de pétrole du Sud et de l'Oural, les gisements d'or et de charbon de Sibérie et tout ce qui fait la richesse de notre pays, pourquoi vous seriez-vous tant armés ? Et pourquoi, tous les deux ans, les manoeuvres Reforger conduisent les Américains et les Canadiens à faire franchir l'Atlantique à plus de deux cent mille hommes qui viennent déstocker des centaines de chars, de pièces d'artillerie et d'armes nucléaires d'exercice pour venir manoeuvrer en terrain libre - c'est-à-dire en terrain civil - aux frontières de l'Allemagne démocratique et de la Tchécoslovaquie si ce n'est pas parce que vous avez des plans d'invasion de la Pologne ? Et puis peut-être de l'URSS, comme Hitler ? C'est Napoléon qui est venu en Russie, et non les Tsars qui sont allés à Paris. Sauf amicalement. C'est l'Amérique qui a bombardé le Japon avec une arme nucléaire et Mc Arthur qui a menacé de l'utiliser contre la Corée démocratique.

Mon « camarade » soviétique n'avait pas tout à fait tort, si l'on y songe. Le Kremlin présentait aux Soviétiques nos « redoutables » appelés des armées occidentales comme des brutes altérées de sang socialiste qui n'avaient pas d'autre choix que de venir envahir l'Empire des Soviets en raison de l'effroyable chômage qui régnait chez nous. Le général chef d'état-major de l'armée de terre soviétique, en visite en France dans les années 1980, se rend en visite au camp de Bitche où des appelés du régiment de cavalerie local se livrent à un exercice de franchissement en submersion de l'étang de Haspelschied.

En voyant les AMX30 s'enfoncer sous la surface de l'eau noire, alimentés en air par le tube schnorchel, le général soviétique demande à son homologue français combien d'années de service ont ces « tankistes ». Quand le colonel chef de corps lui fait répondre qu'à part deux des sous-officiers chefs de char, sur les cinq qui manoeuvrent, tout le personnel est appelé et a donc entre deux et douze mois de service, le général soviétique croit à de la propagande. Chez eux, le franchissement en char n'est le fait que des troupes professionnelles ou de quelques unités d'appelés vers la fin de leur 24 mois de service minimal.

Je compris mieux, à ce moment-là, que cette Armée rouge dont nos chefs nous brossaient une image de Belphégor avait en fait toutes les raisons d'avoir peur de nous.

Nos dirigeants respectifs entretenaient, grâce à l'horrible complicité de la ligne directe du téléphone rouge, la peur réciproque dans leurs propres peuples.

Et nos manoeuvres militaires suaient ce mensonge auquel je n'ai personnellement jamais cru. Si, au cours de cette période sinistre, les Etats-Unis sont les premiers à s'armer, cela répond à deux buts : disposer effectivement de moyens de guerre indépendants, mais aussi noyer les marchés clients avec du matériel américain. Car qui dit armement dit également entretien et instruction. Comme tous les commerçants d'armes, les industriels américains vendent des systèmes complets avec leur service après-vente et la formation du personnel. Pour des raisons diverses, les Américains limitent au strict minimum les stages aux Etats-Unis. Ils préfèrent décentraliser les installations d'entraînement et d'instruction dans les pays clients. Cela permet de vendre discrètement les mêmes programmes à des clients qui pourraient bien s'en servir les uns contre les autres. Il devient alors beaucoup plus facile de jouer les arbitres. En outre, une présence américaine sur place permet de pratiquer les activités indispensables à la protection des intérêts américains : le renseignement et l'espionnage. La course à l'armement a conduit à l'entassement en Europe de masses de troupes et d'armes, dont des armes stratégiques, nucléaires et assimilées. Et si le lecteur a des doutes sur le « et assimilées », qu'il songe aux curieuses dispositions qui ont été prises pour le départ du premier convoi d'armes chimiques « des deux guerres mondiales » qui avaient été stockées dans le dépôt de Vimy(1).

En quarante ans de guerre froide, l'Otan, sous l'impulsion des administrations américaines, a empilé plus d'armes qu'il n'en faut pour détruire toute vie sur la Terre. Pour financer les études et recherches, il a bien fallu vendre les armes stratégiques. Comme il n'était pas possible de les vendre hors de l'Otan, c'est l'Alliance atlantique qui les a « achetées », sans pouvoir en disposer autrement qu'en servant de valets d'armes aux détenteurs américains. Ainsi, jusqu'en 1967 les artilleurs nucléaires français ont-ils eu la charge de tirer les roquettes nucléaires « Honest John » américaines, avec tous les risques que cela comporte. Des régiments comme le 73e Régiment d'artillerie ou le 32e Régiment d'artillerie lourde divisionnaire avaient la charge d'entretenir et de servir de rampes nucléaires, mais la France ne disposait pas des têtes militaires. Elles étaient stockées dans des dépôts américains. Les régiments français s'entraînaient au tir de ces roquettes sous le contrôle féroce des Américains et envoyaient, aux frais de la France, des têtes en béton d'un bout à l'autre du camp de Graffenwöhr, près de la frontière tchèque. Et le coût de ces manoeuvres était, bien sûr, pris sur le budget militaire de la France.

Lorsque j'étais en poste à l'Otan à Bruxelles, j'ai pu mesurer que la « clé de répartition » des dépenses de fonctionnement de cette ruineuse alliance au service des Américains était l'objet de contestations fréquentes. La France paie 16 % du budget de fonctionnement et la Turquie... 2 %. Sous prétexte qu'elle dispose d'une armée de près de deux millions d'hommes, mise à la disposition de l'Alliance atlantique.

Une large partie du budget de recherches et mise au point (R&D, en anglais) du programme de guerre des étoiles a été indirectement payée par le budget de recherches de l'Otan. En effet, le système américain de surveillance satellitaire de la Terre, qui était l'un des moyens de surveillance au profit de l'Otan, a été repris en main pour assurer cette mission de surveillance au profit du seul Pentagone. En effet, comme le système d'écoutes générales Echelon, il était sous le contrôle exclusif du NSA qui fournissait ses abonnés, dont en priorité le Pentagone et le SHAPE. Mais il a fallu remettre le système à niveau pour sa mission américaine de guerre des étoiles en lançant de nouveaux satellites plus chers que ceux qui auraient été nécessaires pour la simple continuation de la mission définie par l'Otan. Après avoir grogné, le Conseil de l'Atlantique Nord a entériné la dépense.

Le racket de l'industriel U.S. de l'armement Mais le pire a été la question du J-STARS. Ce système conçu pour la guerre froide est arrivé en fin de phase d'essais au moment de la guerre du Golfe. Totalement inadapté à la nouvelle menace stratégique telle que l'Otan aurait à y faire face, il n'aurait jamais dû être acheté par l'Alliance. Mais il fallait bien payer les frais d'études de ce système obsolète avant d'avoir servi, et l'administration américaine, après un bras de fer de plusieurs mois, a fini par en vendre quelques éléments - au prix fort - à l'Otan(2).

Mettre à contribution les budgets des pays européens membres de l'Otan pour développer l'armement américain a eu des conséquences diverses. Les pays qui ont le plus contribué financièrement aux recherches américaines ont été l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Pendant qu'ils finançaient en partie les investissements militaires américains, ils n'avaient plus tout à fait les moyens de financer leur propre force stratégique. La présence massive de forces américaines en Europe rendait inutile la mise à niveau des forces nationales. C'est ainsi qu'en 1996 l'état-major de l'Otan implanté au Danemark assurait une large partie du travail qui aurait incombé au pays s'il avait été militairement indépendant. La question s'est posée du retrait de cet état-major dans le cadre de la révision du dispositif général de l'Otan en Europe. Si l'état-major BALTAP avait été déplacé à ce moment-là, le Danemark n'aurait plus eu assez d'officiers pour encadrer son armée et l'état-major national qu'il aurait fallu mettre sur pied pour remplacer celui de l'Otan.

Pendant toute la période de la guerre froide les « petits » pays de l'Otan ont laissé le soin de leur défense aux Américains qui, en échange, les ont obligés à contribuer à des recherches industrielles. Celles-ci ont assuré maintenant une confortable avance à l'armement stratégique américain. Seuls les Britanniques et les Français ont continué des recherches nationales. Les projets civilo-militaires comme Ariane et Airbus ont contribué à éviter un désastre total.

Dans le cadre de l'Otan, les Européens fournissent les troupes supplétives indispensables aux ambitions stratégiques américaines. Pendant quarante ans, les forces de l'Otan ont été commandées par un général américain, le SACEUR, qui règne sur le SHAPE.

Maintenant que la guerre froide est finie, les guerres chaudes reprennent. On va voir s'appliquer la méthode qui a commencé à porter ses fruits depuis la seconde guerre du Golfe, la guerre Iraq-Koweit : la guerre de coalition par supplétifs interposés. Mais pour ce faire, il faut des supplétifs bien instruits et « interopérables », c'est-à-dire, en bon français, formés pour combattre avec les standards otaniens.

(1) ``Questions sur un remue-ménage' (Le Monde du Renseignement 19/04/01) évoque la possibilité de fourniture d'armes chimiques à l'Irak par la société Luchaire pendant la guerre Iran-Iraq.
(2) Crimes de guerre à l'Otan, Ed. Carnot.
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