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Je vous fais un article très intéressant écrit pour
Frédéric Kisterssur la situation de la Rhodésie après la chute du le Front National d'Ian Smith. Un bel exemple de racisme anti-blanc : l’ex-Rhodésie ![]() Antan, l’ancienne Rhodésie du sud possédait un excellent réseau de routes et de chemins de fer. La production de maïs, la base de l’alimentation nationale, dépassait les besoins locaux. En outre, les fermiers cultivaient des fruits tropicaux ou des climats rés et le tabac destinés à l’exportation. La terre était également généreuse en minerais : or, chrome, amiante et platine et en houille. Aujourd’hui de gentils bénévoles vous demanderont peut-être de l’argent pour le peuple zimbabwéen qui crève de famine. Comment en est-on arrivé là ? Histoire d’un désastre L’origine du drame remonte à la période de décolonisation. Le 11 novembre 1965, Ian Smith, premier ministre du gouvernement blanc de Rhodésie du sud, rompait les relations avec le Royaume-Uni qui exigeait la participation des noirs au gouvernement comme préalable à l’indépendance du pays. Seule l’Afrique du Sud reconnut officiellement la colonie sécessionniste. Pendant quatorze ans, deux mouvements noirs pro-marxistes menèrent la guérilla, le Zimbabwe African National Union (ZANU) et le Zimbabwe African People’s Union (ZAPU). La guerre fera 30.000 morts, sans compter les victimes indirectes, et poussera Ian Smith à la démission. En 1979, les accords de Lancaster House mettaient un terme au conflit en instaurant un gouvernement « multiracial ». Après les élections de février 1980, Robert Mugabe, maoïste et chef de la ZANU, devint premier ministre et Joshua Nkomo, le principal dirigeant de la ZAPU, prit le ministère de l’Intérieur. Le traité prévoyait entre autres une redistribution des terres moyennant le dédommagement des propriétaires. Mais la réforme agraire s’effectua fort lentement et en dépit du bon sens. Au bout de 10 ans, les nouvelles autorités n’avaient réinstallé que 71.000 familles sur les 162.000 prévues, en redistribuant 3,5 millions d’hectare. Durant cette période, Mugabe, l’ancien « camarade bob » de la guerre, bénéficia de la confiance sans faille de son peuple et reçut les éloges de la communauté internationale. En effet, il avait lancé une grande campagne d’alphabétisation et planifié la construction de routes, de réseaux d’alimentation en eau et électricité et il maintenait de bonnes relations avec la minorité blanche. Il fit même voter une loi sur la corruption qui interdisait aux cadres du régime de cumuler les propriétés. Malheureusement, ce tableau idyllique masquait de tristes vérités. Le maître du pays n’eut jamais l’énergie et la volonté de faire appliquer la loi anti-corruption, craignant probablement de perdre le soutien de ses « camarades ». Il se claquemura avec sa coterie et gouverna, coupé du monde réel, selon des règles « marxistes » caricaturales. Dès le milieu des années 1980, son gouvernement était considéré à l’ONU comme la bande la plus rapace d’Afrique. Au début des années 1990, les caciques du régime profiteront même d’une grave sécheresse pour vendre les stocks de céréales à des prix prohibitifs, faisant ainsi profit de la misère de leur peuple ! Mugabe assoyait ainsi son pouvoir sur la violence exercée par les milices et par sa garde personnelle, la fameuse 5ème brigade formée en Corée du Nord qui écrasa, en 1980, la révolte du Matabeleland, massacrant 20.000 civils sans susciter beaucoup de vertueuses réactions indignées de la part des Etats "civilisés". La soi-disant ligne marxiste du régime n’avait pas effacé les réflexes ataviques, Mugabe, le Shona avait écrasé la tribu concurrente des Ndébélés... Aussi, à la faveur d’une réforme électorale fin 1987, Mugabe parvint à se faire élire président du Zimbabwe, en tant qu’unique candidat, la nouvelle Constitution lui permettant de cumuler ce poste avec celui de 1er ministre. La débâcle financière Mais, l’Etat avait emprunté des sommes énormes pour financer son ambitieuse politique, en 1989 sa dette s’élevait à 2,6 milliards de $. Le Zimbabwe dut se soumettre aux exigences du FMI qui lui imposa, comme à son habitude, un plan d’ « ajustement structurel » fondé sur les recettes néo-libérales : ouverture du marché intérieur, dérégulation des salaires, privatisation des entreprises publiques et licenciement de leur personnel excédentaire, coupes sombres dans le budget de l’Etat et suppression de la gratuité de l’enseignement et des soins de santé. En 1991, la ZANU adoptait officiellement l’économie de marché. Comme à l’accoutumé, le résultat des mesures prophylactiques du FMI ne se fit guère attendre, le remède acheva le malade. Malgré les concessions faites au capitalisme, les investissements étrangers ne vinrent pas. L’ouverture des frontières accélérera le déclin de l’industrie manufacturière qui était incapable de résister à la concurrence de l’Afrique du Sud. Le taux de croissance passa de 5% dans les années 1980 à 1% dans les années 1990. Des milliers de diplômés émigrèrent ou grossirent les rangs de l’opposition. La fréquentation des écoles a chuté. Dans ce pays qui avait atteint un taux d’alphabétisation de 91%, les livres ont disparu de la vie quotidienne, car on ne peut plus en importer à cause de l’inflation galopante, on ne trouve plus que les manuels pratiques de jardinage ou de bricolage confectionnés sur place. Le coût des soins de santé a explosé dans un pays où un adulte sur quatre est séropositif. Privatisée, la Compagnie nationale de distribution d’essence a fait faillite en 1999 et l’approvisionnement en carburant n’a pu être en partie rétabli qu’avec l’aide de la Libye. Depuis 199, le Zimbabwe est virtuellement en faillite. Incapable de rembourser ses créanciers extérieurs, il manque de devises et l’inflation de cette année dépassa les100%. La fuite en avant A la fin des années 1990, le régime de plus en plus contesté, prit une série de mesures afin d’étayer son pouvoir vacillant. En 1997, l’Etat attribua une allocation mensuelle équivalente à 1000 € aux « vétérans de la guerre de libération ». Evidemment, cette largesse accentua la crise monétaire. Surtout, Mugabe remit à l’ordre du jour la question des terres de manière démagogique, en accusant les blancs de tous les maux endurés par le pays. Dès 1991, le gouvernement publiait une loi d’acquisition des terres visant particulièrement les terres blanches dont les propriétaires n’habitaient pas le pays, parmi lesquels des aristocrates britanniques, ceux-ci possédant plusieurs fermes ou des terrains mitoyens des terres communales. En novembre 1997 un premier groupe de 9400 familles reçut son avis d’expropriation. Dans les semaines qui suivirent, les masses affamées déclenchèrent des émeutes et pillèrent les magasins. Espérant trouver des débouchés pour son économie exsangue, Mugabe intervint dans le conflit qui déchirait la République démocratique du Congo, aggravant d’autant le déficit public. En revanche, Mugabe s’est enrichi personnellement en empochant le butin des mines congolaises reçu en échange des troupes prêtées, ce qui lui permis de « fidéliser » le corps des officiers, seule force capable de le renverser. En février 2000, Mugabe tenta de renforcer encore ses pouvoirs constitutionnels, mais l’opposition regroupée autour du MDC l’en empêcha lors du référendum de février 2000, malgré toutes les tentatives d’intimidation, les menaces et les pressions qu’il exerça. Le MDC remporta également un succès aux élections législatives de juin 2000 (57 sièges contre 62 au ZANU). ![]() La « révolution agraire accélérée » En réponse au succès de l’opposition en avril 2000, Mugabe lança, une fois de plus, une « réforme agraire accélérée » qui prévoyait la redistribution de 8,3 millions d’hectares sur les 11 millions appartenant aux fermes commerciales. Le scénario s’est répété des centaines de fois. L’exploitant apprend en lisant le journal que sa propriété est réquisitionnée. Peu de temps après, quelques dizaines ou centaines de types drogués ou ivres, armés de haches et de machettes, qui se proclament « vétérans de la guerre de révolution », en fait des jeunes recrutés dans les bidonvilles et payés par Mugabe, débarquent dans la ferme, déclarent qu’elle leur appartient et s’installent sans façon. Ils sont noyautés par les « Green Bombers », les « Blousons verts », un mouvement de jeunesse. Privés d’école et de travail, les jeunes désœuvrés traînent un peu partout. Mugabe les recrute dans ses milices et les paiera pour harceler les blancs et piller leurs fermes. Le président instrumentalise la misère qu’il a créé ! Les envahisseurs mangent les réserves et abattent le bétail, ils coupent les arbres pour se chauffer. Souvent, l’affaire tourne mal, les blancs et leurs ouvriers sont battus ou torturés, les femmes violées, la demeure familiale pillée. Dans l’incendie se consument une ou plusieurs générations de travail et de souvenirs. Ensuite, ils agressent les ouvriers et leur interdisent de travailler. Evidemment, la situation indiffère la police. Les bénéficiaires sont des soi-disant vétérans de la guerre de libération, en réalité la plupart n’étaient pas nés au moment du cessez-le-feu en 1979 ! La réforme ne profite qu’aux tenants du régime. L’entourage du président et de son influente femme surnommée « Disgrâce », les cadres du ZANU et les officiers corrompus ont mis la main sur le pactole et l’ont immédiatement dilapidé. Comme ces nouveaux propriétaires ne sont pas cultivateurs, on les surnomme les « cellophones farmers » puisque leur travail consiste à téléphoner à leurs nervis. Ils ne visitent les fermes que pour le plaisir de parader sur le fief ravagé. A l’origine 300.000 paysans sans terre devaient profiter de la récolte, seuls 125.000 se sont effectivement installés. Sans engrais ni machine, ils peuvent à peine faire pousser assez de céréales pour la subsistance de leur famille. Faute de moyens techniques et de connaissances, les nouveaux venus pratiquent une agriculture de subsistance sur des terres arables, naguère exploitées de manière intensive, or la traditionnelle technique sur brûlis détruit l’humus pendant 25 ans en contrepartie d’une ou deux récoltes seulement. Les squatters reconstituent des villages africains sur les exploitations dévastées, leurs huttes poussent à côté des arbres fruitiers délaissés qui pourrissent sur pieds, quant aux clôtures défoncées, elles servent de combustible et de matériel de construction et les tracteurs rouillent dans les champs en friche. Par conséquent, les jachères s’étendent dans un pays en proie à la famine. Une partie du bétail a été mangée par les pillards, l’autre est morte affamée. En trois ans 400.000 ouvriers agricoles noirs ont perdu leur emploi. La production de tabac, qui constitue la première ressource en devises du pays, a chuté de 240.000 tonnes à 60.000, le cheptel de 1,2 millions de têtes à 150.000 ! Par effet boule de neige, la banqueroute atteint toute l’économie, 80% de la population active est au chômage et l’inflation dépasse les 500% ! De plus, les fermiers finançaient souvent l’école et la clinique locale, dernières institutions sociales en état de fonctionner... Mugabe fut reconduit à la présidence, en mars 2002, après une parodie d’élections. Or la famine règne aujourd’hui dans l’ancien grenier à blé de l’Afrique noire. La survie de la moitié des 11 millions de Zimbabwéens dépend du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU que Mugabe tente de détourner à son profit. Au mois d’août 2003, il avait annoncé que les chefs de village et les autorités locales choisiraient les bénéficiaires de l’aide internationale. Autant dire que tous les dons seront versés dans le tonneau des Danaïdes. La situation inquiète aussi les Etats voisins, la Namibie et l’Afrique du Sud où la majorité des terres appartient encore aux blancs. Ces pays seront-ils tentés par l’ « exemple » du Zimbabwe ? http://www.nation.be/web/article.php3?id_article=23 |
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