Très intéressant, merci pour les vidéos.
J'ai bien aimé son analyse de l'avenir de l'Europe occidentale (on est les "tirailleurs sénégalais de l'Empire du dollar"), son discours sur l'avenir du FN en tant que parti populaire, seul défenseur de la "France d'en bas" contre le capitalisme financier, l'image de Le Pen comme un nouveau de Gaulle rassemblant les Français contre l'ennemi commun. Et quand je dis "Français"... ce sont bien sur les Francais "de souche", pas les Français "citoyens" de Soral. C'est là que je ne suis plus d'accord avec lui, avec son discours sur l'intégration et la richesse des banlieues (leurs "forces saines") très conformiste.
Quand il dit que les deux forces qui détruisent la France sont le communautarisme et l'ultra-libéralisme, je suis d'accord avec lui sur le deuxième point. Par contre le communautarisme - une attitude saine en elle-meme - ne détruit en aucun cas la France
réelle, il ne fait que s'attaquer à la République et à ses fondements. C'est au contraire à mon avis notre seule possibilité de survie à moyen terme dans la France métissée qui s'annonce. C'est là la différence principale entre les "nationaux-républicains" comme Soral, Chevènement & co et les nationalistes "ethniques". Le Pen essayant de jongler entre les deux tendances pour satisfaire tout le monde et ne pas détruire le travail qu'il effectue depuis 30 ans avec succès, à savoir unir les deux tendances de l'extreme-droite pour faire du FN un acteur indispensable de la vie politique française. Parce qu'on peut aimer Le Pen ou non, mais personne ne peut nier le fait que sans lui et son charisme, l'extreme droite en France serait un groupuscule ridicule à 0,2% avec 3-4 skins et une dizaine de fanatiques du Sacré Coeur genre GF.
Pour aller plus loin sur ce que tu dis Salaun, Le Pen ne s'est jamais clairement prononcé depuis l'Algérie sur la question de l'intégration. Il a laissé des harkis et des Antillais rentrer au FN (par principe ou par stratégie électorale?), tout en ne faisant jamais de démenti lorsqu'on le traitait de raciste ou quand on banalisait l'idée "avec Le Pen, les arabes à la mer". Dans les années 80-90 il a multiplié les sous-entendus "anti-arabes" et les provocations sur l'inégalité des races - quand dans le meme temps il faisait rentrer Farid Smahi (non-harki, je précise) dans les instances dirigeantes du FN. Parce qu'il sait très bien que s'il clarifie sa position sur le sujet le FN éclate entre sa base et la plupart de ses électeurs traditionnels, clairement anti-intégrationnistes, et la majorité des cadres et des "nouveaux" électeurs (depuis une dizaine d'années), plus républicains ou qui ne veulent pas faire de vague. Et il l'a fait tellement habilement qu'il a réussi à attirer un nouveau public et un nouvel électorat plus modéré (d'après Smahi, 15% des maghrébins ont voté Le Pen en 2002) quasiment sans perdre personne de l'autre coté à part quelques néo-nazis surexcités (des gens qu'il vaut mieux perdre de toute facon...). Donc je ne dirai pas recentrage sur le nationalisme républicain, plutot une stratégie de rassemblement de tous les patriotes opposants au système UMPS. Le problème, c'est que Le Pen n'est pas immortel... et je ne vois personne de sa carrure capable de reprendre le flambeau.
En tout cas j'aime bien l'analyse de Soral sur la politique française... Sarkozy le "bouffon qui se prend pour Napoléon", Ségolène "l'hotesse relookée", Arlette "à qui il manque d'avoir étudié le marxisme pour etre marxiste", de Villiers "qui fait le tapin" ...
